• Jo M. Sekimonyo

Imbroglio de la transformation économique de la rdc – l’informel vers le formel ?

Le fait que tout Congolais conteste leur culpabilité active ou leur complaisance ne cessera jamais de m’étonner. C’est à la fois par manque de diligence raisonnable de la part de tous et mauvaise l’habitude de justifier l’inconscience que nos péchés ne perdent pas de l’allure. Pour en finir avec le marasme socioéconomique, des pensées explicitement définies, des débats et propos riches, et la synchronisation de toutes les initiatives élises sont tous primordiaux. Pour l’instant, le renforcement de l’état de droit ou l’autorité de l’Etat par le Césarisme prolifère une incompétence généralisée.

Fabriquer un envol ou un boom économique est inutile sans mécanisme de dispersion des tâches et d’absorber de ses éclats par la majorité des nationaux. Tout acte de rénovation étendue et rapide engendrera une nouvelle vague des malvenues. L’antiquaille du système éducatif en RDC fait que les nationaux incarnent des âmes sans aptitude et créatures bêtes. Les universités sont pleines que des instituteurs et institutrices, des experts transitoires qui donnent des instructions, au lieu des professeurs, des humanistes passionnés qui enseignent comment acquérir de soi-même les moyens de participer dans une économie tablée autour de l’information et l’innovation. L’octroi et la perpétuation d’une désignation académique sont des moqueries immaculées du monde artistique et scientifique. La créativité qui est au cœur d’esprit de l’entreprenariat, ne s’apprend pas. Plutôt, an atmosphère propice à la créativité peut être créé.

Nos racines hantent les hallucinations de nos propres tragédies. C’est avec des mentions sèches que débute cette note de réflexion. Nous avons assisté à la fin de la première moitié du 20e siècle à une avancée audacieuse dans l’interprétation de la valeur de l’humain. Il existe un dynamisme et une complémentarité entre le passé et le présent, plutôt que de vagues coïncidences. Quand tout le monde s’étouffe déjà, l’égalité des sexes est une mauvaise blague.

À travers la RDC, les gens vivent déconnectés de la qualité de vie moderne. Ils n’ont pas de sécurité économique. Il y a des millions de personnes rien qu’à Kinshasa, seul siège du gouvernement, ont honte de ne pas pouvoir joindre les deux bouts de manière décente malgré tous leurs efforts. Ce ne sont pas eux qui devraient avoir honte. L’affinement du passé permet de faire entendre d’autres tonalités. Si la pauvreté extrême, les maladies pandémiques, les conflits tribaux, l’ignorance et l’exploitation spirituelle sont tous des paramètres essentiels pour mesurer le progrès humain, en avons-nous congolais avancé ?

L’absence d’appétence de s’accrocher au futile justifie mon obsession d’être outrageusement honnête avec tout humain, particulièrement mes concitoyens congolais. Le développement engendre l’apaisement social et politique, et non pas le contraire. Nous avons torturé et tué Patrice Lumumba et toute une longue liste de nos héros pour zéro, non pas les occidentaux. Le président Joseph Kabila subsiste plus au passé qu’au présent. C’est aux biographes s’aiguiser à débattre la contribution de son séjour à la magistrature suprême de la République. Les fanfarons politiques et monarques des églises se plaignent avec aigreur, et crient à l’aide, au secours, au meurtre, au voleur, et enflamment vainement les désillusionnés, n’ont rien d’autre à offrir d’utile.

La RDC souffre d’excès de spécule sur le social et commercial défectueux. Il m’est difficile de penser à un secteur aux manigances plus sottes que le domaine minier qui se décide sans débats nationales préalables, raison ou intérêt du commun citoyen. À l’accusation de pillage de la RDC par les pays voisins, je dis, c’est purement de miettes comparées à nos besoins, mais aussi une maladresse. Établir un climat des affaires qui favorise soi-disant l’investissement n’est pas pertinente en RDC, à moins que la priorité nationale soit plutôt d’enfanter une atmosphère bienséante aux rapaces. On est bizarrement au point où les dépenses d’investissement sont confondues avec les investissements. Cela fait un demi-siècle que l’on donne des coups de pouce minable.

Dans le monde moderne on est vivement recommandé et recomposé à rêver car on a subi au présent ce qui a été rêver par ceux qui en ont l’aptitude. Ils y’a ceux qui penseront, il y en aura qui diffuseront nos pensées et il en arrivera ceux qui les matérialiseront.

Il n’y a toujours pas de plan de relance pour apporter un réel optimisme aux secteurs informels car, à mon avis, la confusion persiste sur ce qu’est un entrepreneur, un commerçant et un industriel. Déjà que beaucoup utilisent les terminologies, commerçant et entrepreneur, de manière interchangeable pour désigner à tort toute personne qui possède un commerce et gagne de l’argent. Un industriel est pour la plupart une personne qui se dit l’être.

La RDC a comme défi de voir comment accroître l’efficacité de son économie. En d’autres termes, comment obtenir une plus grande part du gâteau au lieu de se battre pour les miettes de la mondialisation. La seule façon d’y parvenir est de recadrer le débat national et les attentes. Dans le contexte capitaliste, les foyers de crise financière sont inévitables ; les pandémies de pauvreté sont facultatives. La sérendipité est une harmonie délicate. Vous n’avez pas à réinventer la roue. Cependant, vous devez trouver la jante qui correspond à votre voiture. Je dis S pour la stabilité, P pour la prospérité et D pour la dignité.

La mise en application de cette solution nécessite plus de discernement de la différence entre un entrepreneur, un commerçant et un industriel pour livrer un petit ton des discussions qui ont lieu dans le monde moderne.

Les commerçants optent pour tout ce qui garantit d’énormes profits, quel que soit le caractère unique des idées commerciales. C’est un nouvel entrant sur un marché existant pour des raisons commerciales. En revanche, les entrepreneurs créent des entreprises en démarrage en adoptant l’innovation, de nouvelles idées ou des processus commerciaux. Celui-ci propose une idée ou un concept unique pour démarrer une entreprise et ne suit pas des idées commerciales prédéfinies et travaille plutôt sur leurs rêves et leurs passions.

Pour mieux illustrer, un commerçant achète un produit pour le vendre afin de réaliser un profit. Alors qu’un entrepreneur ne veut pas seulement faire du profit mais satisfaire les désirs et les besoins des gens, il passe donc plus de temps à trouver de nouvelles idées ou de nouveaux produits.

Un entrepreneur remet en question ses propres compétences entrepreneuriales et autres et continue d’en acquérir de nouvelles au fur et à mesure qu’il progresse dans l’entreprise.

Un industriel est très différent d’un entrepreneur ou d’un commerçant. En cela, toute la nature de leur travail est totalement différente. Un industriel n’a qu’un objectif en tête. Et c’est pour créer de nouvelles industries qui génèrent des emplois et des produits qu’un commerçant peut vendre. Au sens large, un industriel aide la nation en exportant et en gagnant des devises étrangères pour le pays. Ils n’ont pas non plus peur d’entrer sur les marchés étrangers. Par rapport à un entrepreneur par rapport à un commerçant, un industriel est fortement dépendant de la main-d’œuvre pour faire fonctionner ses unités de fabrication. Un industriel est sévèrement affecté par des facteurs externes tels que l’économie locale et les scénarios mondiaux. C’est principalement parce qu’ils doivent s’approvisionner en matières premières pour la production auprès de divers fournisseurs.

Bien qu’à certains égards, les qualités et l’état d’esprit d’un entrepreneur, un commerçant et un industriel soient les mêmes pour faire des profits, leurs devoirs diffèrent énormément. C’est la raison pour laquelle il y a moins d’industriels alors qu’il y a plusieurs entrepreneurs et d’innombrables commerçants.

Dans le cas de la RDC, qui compte suffisamment de commerçants malgré l’écosystème malsain qui les étouffe et sans un circuit financier dynamique, pousser les gens du commerce informel, les yeux bandés, vers le commerce formel est un gros faux pas. Une fois la différence comprise et intériorisée, il s’agit plutôt de créer un espace pour que l’informel puisse s’immerger dans l’entrepreneuriat et pour certains se développer ou se hisser au rang d’industriel, comme au Nigéria où on trouve Mike Adenuga qui a fait fortune grâce à Telecom – Gloabacom et la production et la commercialisation du pétrole ou encore les milliardaires chinois Yuanying Jin qui est l’un des fondateurs du groupe Alibaba et Taobao ou encore le milliardaire vietnamien Pham Nhat Vuong qui a étudié en Russie et a lancé une nouille populaire en Ukraine dans les années 1990 avant de retourner dans son pays d’origine et de frapper fort.

Cette flamme existe déjà dans l’âme des Congolais et s’exprime par leur instinct de survie contre vents et marées. La clé réside dans les transactions intellectuelles ou dirons-nous dans la qualité des moyens requis pour participer ou s’engager dans le circuit qui sous-tend la qualité de l’écosystème. Mais nous devons également garder à l’esprit qu’au XXIe siècle, l’efficacité du gouvernement ne se mesure pas par ce qu’il produit, sert et contrôle, plutôt par ce qu’il permet en créant un écosystème qui favorise la créativité et la collaboration ou dirons-nous si vous avez un rêve, vous trouverez tout pour le réaliser et rien ne vous barrera la route.

Jo M. Sekimonyo

Auteur, théoricien, militant des droits de l’homme et économiste politique

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